Citation +Mieux comprendre la citation
Niveau de preuve
Attribution confirmée · Formulation exacte
95/100 Voir

Origine et source de la citation

Attribution confirmée · Formulation exacte · 95/100

Cette citation est bien attribuée à Jean de La Fontaine. Elle figure dans Le Corbeau et le Renard, Livre I, fable II des Fables choisies mises en vers, parues en 1668, et la formulation publiée correspond exactement au vers attesté.

L’Institut de France reproduit directement la fable avec le passage « Apprenez que tout flatteur / Vit aux dépens de celui qui l’écoute ». Le site Molière 21 du CNRS précise que la fable parut le 31 mars 1668 et la localise au Livre I, p. 5-6.

Une édition de 1874 sur Wikisource reproduit elle aussi ces mêmes vers, ce qui confirme leur stabilité dans une édition ultérieure.

Conclusion : l’attribution à Jean de La Fontaine est confirmée et la formulation diffusée est exactement attestée dans le texte de la fable.

Sources documentaires 3

Références utilisées pour établir l'origine et l'attribution de cette citation.

  1. Preuve principale Source de référence
    Le Corbeau et le Renard - La Fontaine. Fables et images
    Institut de France 1668 (fable reproduite sur la page institutionnelle)
    Localisation : Livre I, fable II
    Ce que cette source établit

    La page institutionnelle reproduit directement la fable et contient exactement « Apprenez que tout flatteur / Vit aux dépens de celui qui l’écoute ». Elle identifie le texte comme la fable II du livre I, publiée en 1668.

  2. Première attestation repérée Source de référence
    Applaudir à ce qu’ils font
    Molière 21 / CNRS page contemporaine ; référence à la parution du 31 mars 1668
    Localisation : note (1), Livre I, p. 5-6
    Ce que cette source établit

    Le site de recherche du CNRS cite les deux vers et indique que la fable « Le Corbeau et le Renard » parut le 31 mars 1668 dans les Fables choisies mises en vers, avec localisation Livre I, p. 5-6.

  3. Source complémentaire Source de référence
    Fables de La Fontaine (éd. 1874) / Le Corbeau et le Renard
    Jean de La Fontaine 1874
    Localisation : Livre I, fable II, p. 30-31
    Ce que cette source établit

    Cette édition numérisée reproduit exactement les deux vers et les attribue à Jean de La Fontaine, Livre I, fable II. Elle confirme la stabilité textuelle dans une édition ultérieure.

Signification & explications

De la surface au sens profond

Signification en une phrase

Le flatteur obtient un avantage en profitant de la crédulité de celui qui se laisse séduire par ses compliments.

Contresens à éviter

La phrase ne condamne pas toute parole aimable ni toute forme de compliment ; elle vise la flatterie intéressée, prononcée pour obtenir un avantage.

Elle ne décrit pas seulement un défaut du flatteur : l’avertissement porte aussi sur celui qui écoute avec complaisance, car l’éloge excessif ouvre la voie à la manipulation.

Sens littéral de la citation

Signification directe

La phrase affirme que celui qui flatte agit dans son propre intérêt. Il obtient un avantage en utilisant les compliments pour influencer celui qui l’écoute.

Explication des mots/expressions clés

▸ flatteur : personne qui adresse des louanges exagérées pour obtenir un avantage.

▸ vit aux dépens : tire profit d’autrui.

▸ celui qui l’écoute : la personne qui accepte ces compliments et s’y laisse prendre.

Sens profond de la citation

La flatterie devient ici l’image d’un échange trompeur où la parole douce sert de monnaie invisible : celui qui loue récolte un avantage tandis que celui qui écoute perd sans s’en apercevoir.

Derrière le compliment se cache souvent une relation de prédation subtile, où l’orgueil flatté ouvre la porte à l’influence, à la manipulation ou à la perte de jugement.

La formule met en garde contre la faiblesse humaine face à l’éloge, car le désir d’être admiré peut rendre l’esprit moins vigilant et livrer ses décisions à celui qui sait parler agréablement.

Lectures possibles

Lecture 1 : Constat

La phrase peut être lue comme l’observation d’un mécanisme simple : la flatterie fonctionne parce qu’une oreille accepte de l’entendre. Le flatteur parle, l’auditeur écoute — et, dans cet échange, l’avantage revient à celui qui utilise l’éloge comme outil.

Lecture 2 : Orientation

Le vers agit comme un avertissement adressé à celui qui prête l’oreille aux compliments. Une vigilance s’impose : derrière des paroles flatteuses peuvent se cacher un intérêt, un profit ou une manipulation.

Lecture 3 : Réflexion

La citation renvoie aussi chacun à sa propre fragilité. Le désir d’être loué, la satisfaction de voir son orgueil nourri, ouvrent la porte au flatteur : l’écoute devient alors la condition même de la tromperie.

Quand et comment l'utiliser ?

Contextes, effet produit et précautions

Contextes d’utilisation

Un discours critique, une analyse morale ou une discussion sur la manipulation accueillent naturellement cette formule issue de la fable Le Corbeau et le Renard de Jean de La Fontaine.

Dans un échange professionnel ou éducatif, elle rappelle utilement le danger des compliments intéressés et invite à garder une distance lucide face à l’éloge.

Contexte culturel à garder en tête : la citation appartient au patrimoine des fables françaises, où les animaux servent à dénoncer les faiblesses humaines, notamment la vanité.

Employée avec justesse, elle éclaire une situation où quelqu’un cède à la flatterie ; utilisée contre une personne précise, elle peut cependant paraître accusatrice ou ironique.

Mieux vaut la mobiliser pour illustrer un mécanisme universel — la séduction par l’éloge — plutôt que pour ridiculiser directement un interlocuteur.

Effet produit

Rappelle cette formule lorsqu’une personne complimente de façon excessive pour obtenir une faveur ou une décision.

Elle agit comme un signal d’alerte face à la flatterie intéressée et incite à reprendre du recul.

Employée avec justesse, elle protège contre la manipulation par les éloges ; mal placée, elle peut paraître soupçonneuse envers une simple marque de politesse.

Usages associés : Discours Introduction Conclusion Réseaux sociaux Débat

Pourquoi cette citation sur le mensonge touche ?

Thèmes, morale et impact émotionnel

La flatterie nourrit celui qui parle et appauvrit celui qui l’écoute.

Garder distance face aux louanges intéressées protège de la manipulation.

Thèmes de la citation

Sous le thème de la flatterie et de la vanité humaine, la phrase montre comment une parole flatteuse se nourrit de l’orgueil de celui qui prête l’oreille. Celui qui écoute cherche la louange ; le flatteur trouve là sa nourriture.

La scène évoque un échange inégal : d’un côté la parole séduisante, de l’autre une écoute complaisante prête à croire ce qu’elle désire entendre.

Derrière cette formule se profile la question plus large de la crédulité face aux éloges et du prix que l’on paie pour satisfaire son amour-propre.

La maxime ouvre enfin sur un thème moral central chez La Fontaine : la lucidité sur soi-même, seule protection contre ceux qui savent exploiter l’orgueil et le goût des compliments.

Impact émotionnel et culturel

Une méfiance instinctive naît dès la première lecture : l’image du flatteur qui se nourrit de l’oreille trop complaisante frappe l’esprit comme une petite scène morale.

La formule, courte et tranchante, s’imprime facilement en mémoire ; le mot dépens rappelle que la flatterie n’est jamais gratuite et qu’elle prélève toujours quelque chose chez celui qui écoute.

Dans la culture francophone, cette maxime issue de la fable du Corbeau et le Renard est devenue un proverbe moral souvent cité pour dénoncer les compliments intéressés.

Sa force tient à la netteté de la leçon : derrière la douceur des paroles flatteuses se cache presque toujours un profit discret pris sur la crédulité de l’auditeur.

Jean de La Fontaine (1621–1695)

Fabuliste · Poète · Moraliste

De nationalité française.

Pourquoi cette citation correspond à sa pensée ?

La formule provient de la fable « Le Corbeau et le Renard », l’un des textes les plus connus des Fables de Jean de La Fontaine, où la flatterie permet au renard de tromper le corbeau et de lui faire perdre son fromage.

La Fontaine utilise souvent des animaux parlants pour exposer les mécanismes très humains de la vanité, de la ruse et de la crédulité ; cette maxime condense l’enseignement moral de la scène.

La méfiance envers la parole flatteuse traverse plusieurs fables où le langage devient un instrument de pouvoir, capable d’abuser celui qui cherche l’éloge plutôt que la vérité.

Le style de l’auteur se reconnaît ici : une phrase brève, frappante, presque proverbiale, qui transforme une petite histoire animale en leçon morale universelle.

Cette manière de conclure par une morale incisive correspond au projet des Fables : instruire le lecteur en dévoilant, derrière les comportements des bêtes, les faiblesses constantes de la nature humaine.

Citations similaires de Jean de La Fontaine

Autres citations de Jean de La Fontaine sur Mensonge, Langage et Pouvoir

Citations similaires sur le mensonge, le langage et le pouvoir

Sélection thématique

À propos

Langue

fr

Mise en ligne

25 Février 2026

Dernière modification

16 Septembre 2026