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Origine et source de la citation

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Cette citation est bien rattachée aux Pensées de Blaise Pascal.

Elle apparaît dans la liasse consacrée à l’ennui et à la vanité humaine, sous le titre ou repère « Orgueil », selon les classements éditoriaux modernes.

Dans les éditions savantes, le fragment est notamment identifié comme Lafuma 77 et Sellier 112, ce qui permet de le situer précisément dans la tradition textuelle des Pensées.

La formulation complète est plus longue que la citation couramment reprise : Pascal ajoute que l’on ne voyagerait pas « sur la mer » pour le seul plaisir de voir, sans espoir d’en parler ensuite à quelqu’un.

Le texte vise donc moins la curiosité intellectuelle en général que la curiosité mêlée d’orgueil, celle qui cherche surtout à posséder un récit, une expérience ou une information pour pouvoir la communiquer et en tirer considération.

L’œuvre n’a pas été publiée par Pascal lui-même de son vivant ; les Pensées sont issues de fragments préparatoires, rassemblés et édités après sa mort.

Une première édition paraît en 1669-1670 dans le contexte de Port-Royal, puis le texte connaît plusieurs classements et éditions successives, ce qui explique les différences de ponctuation et de formulation selon les sources. ([penseesdepascal.fr][1])

L’attribution à Pascal est donc solidement documentée, même si la citation isolée est souvent transmise sous une forme abrégée par rapport au fragment complet.

[1]: https://www.penseesdepascal.fr/Ennui/Ennui1-moderne.php "Fragment Ennui n° 1 / 3"

Sources documentaires 2

Références utilisées pour établir l'origine et l'attribution de cette citation.

  1. Preuve principale Source de référence
    Pensées — fragment « Ennui » n° 1
    Blaise Pascal 1669-1670 (éditions de Port-Royal)
    Localisation : RO 75-6 ; Lafuma 77 ; Sellier 112 ; Port-Royal, chap. XXIV, p. 186
    Ce que cette source établit

    L’édition savante confronte le manuscrit, les copies et les éditions de Port-Royal. La rédaction publiée en janvier 1670 correspond exactement à la citation ; le manuscrit porte une ponctuation légèrement différente.

  2. Source complémentaire Source de référence
    Les Pensées de Pascal
    Bibliothèque nationale de France
    Localisation : sélection de fragments, passage sur la curiosité
    Ce que cette source établit

    La BnF reproduit le passage manuscrit attribué à Pascal, avec la suite sur le voyage en mer. Elle confirme l’attribution et le contexte, sans fixer la ponctuation de l’édition de Port-Royal.

Signification & explications

De la surface au sens profond

Signification en une phrase

La curiosité devient vanité quand le désir de savoir sert surtout à parler et à se faire valoir, plutôt qu’à chercher la vérité.

Contresens à éviter

La citation ne condamne pas toute curiosité, mais vise celle qui cherche du savoir pour nourrir la parole et paraître.

Elle ne dit pas que vouloir apprendre est inutile, mais que le désir de savoir peut être détourné par la vanité.

Sens littéral de la citation

Signification directe

La phrase affirme que la curiosité dont il est question n’est pas un désir pur de connaître, mais une forme de vanité.

Elle précise ensuite que, très souvent, on ne cherche pas à savoir pour comprendre réellement, mais pour pouvoir ensuite parler de ce que l’on sait.

Explication des mots/expressions clés

  • Curiosité

Désigne ici le désir de savoir, de découvrir ou d’apprendre quelque chose.

  • vanité

Désigne l’amour de soi, le désir de paraître intéressant, cultivé ou supérieur aux autres.

  • Le plus souvent

Indique que Pascal ne parle pas nécessairement de tous les cas, mais d’une tendance fréquente.

  • on ne veut savoir

Signifie que la volonté de connaître est présentée comme intéressée, orientée vers un usage précis.

  • que pour en parler

Signifie que le savoir recherché sert surtout à être raconté, montré ou utilisé dans la conversation.

Sens profond de la citation

La curiosité devient ici le signe d’un désir moins pur qu’il n’y paraît.

Derrière l’envie de savoir, Pascal fait apparaître une petite scène sociale : apprendre, retenir, puis rapporter ce que l’on sait pour être vu, écouté, peut-être admiré.

La connaissance perd alors sa gravité intérieure et se change en monnaie de conversation.

Lectures possibles

Lecture 1 : Constat

La curiosité se vide de sa valeur lorsqu’elle ne cherche pas à comprendre mais à accumuler des sujets de conversation. Le geste de vouloir savoir se réduit ici à une forme d’ornement, presque un accessoire social.

Lecture 2 : Orientation

Une autre voie apparaît : chercher à connaître pour transformer sa pensée plutôt que pour alimenter ses paroles. La parole cesse alors d’être un but et redevient une conséquence d’une compréhension réelle.

Lecture 3 : Réflexion

Une tension demeure entre le désir d’apprendre et le besoin d’être vu comme informé. Le savoir devient parfois une scène où l’on expose sa vanité, plus qu’un espace intérieur où l’on grandit.

Quand et comment l'utiliser ?

Contextes, effet produit et précautions

Contextes d’utilisation

La citation parle à un public sensible aux excès de parole, aux confidences répétées et au besoin de briller en société.

Elle trouve sa place dans un texte sur la discrétion, l’orgueil intellectuel ou la vanité des conversations mondaines.

Mieux vaut l’éviter pour condamner toute forme de curiosité, car la recherche, l’étude et l’attention au réel ne sont pas visées de la même manière.

Son efficacité repose sur sa brièveté : deux phrases coupantes, qui opposent le savoir intérieur au bavardage extérieur.

Effet produit

Cette formule peut servir à rappeler qu’une question n’est pas toujours animée par un vrai désir de comprendre.

Elle convient dans un échange sur les ragots, l’indiscrétion ou le savoir utilisé comme marque de supériorité.

À employer avec nuance : elle critique surtout la curiosité tournée vers l’apparence, non l’effort sincère de connaître.

Usages associés : Méditation Introduction Conclusion Réseaux sociaux Débat

Pourquoi cette citation sur la connaissance touche ?

Thèmes, morale et impact émotionnel

Le savoir se dégrade lorsqu'il sert surtout à nourrir l'amour-propre. Chercher la vérité demande une intention plus humble que le simple désir de parler.

Thèmes de la citation

Le thème principal est la vanité, comprise comme désir de paraître à travers ce que l’on sait.

Pascal ne s’arrête pas à la connaissance elle-même ; il regarde le motif secret qui la pousse vers la parole et la reconnaissance.

La citation ouvre vers des questions proches : pourquoi voulons-nous savoir, que faisons-nous de ce que nous apprenons, et quand la parole devient-elle une manière de se mettre en avant ?

Elle rejoint aussi le thème de l’amour-propre, puisque le savoir peut servir moins à éclairer l’esprit qu’à nourrir l’image de soi.

Impact émotionnel et culturel

La phrase produit un effet de refroidissement immédiat : elle soupçonne l’élan curieux au moment même où il se présente comme innocent.

Sa force vient de la simplicité du mécanisme dénoncé : vouloir savoir, puis vouloir en parler.

Dans la culture morale française, elle résonne avec une méfiance classique envers l’amour-propre, les salons, la réputation et les petites gloires de conversation.

Elle reste mémorable parce qu’elle transforme une attitude ordinaire en examen de conscience.

Blaise Pascal (1623–1662)

Mathématicien · Philosophe · Écrivain

De nationalité française.

Pourquoi cette citation correspond à sa pensée ?

Cette citation s’inscrit pleinement dans l’univers des Pensées, où Pascal analyse les mouvements cachés du cœur humain, en particulier l’orgueil, l’amour-propre et le besoin de paraître.

Chez Pascal, la curiosité n’est pas toujours un désir pur de vérité : elle peut devenir une manière subtile de nourrir son importance personnelle devant les autres.

La formule rejoint son regard très lucide sur la vanité humaine, cette tendance à chercher du prestige même dans les activités qui semblent nobles, comme apprendre, lire ou savoir.

Elle touche aussi au thème pascalien du divertissement : l’homme s’agite, accumule des connaissances, parle beaucoup, mais fuit souvent l’examen profond de lui-même.

Le style est typiquement pascalien : bref, incisif, moralement dense, avec une phrase qui dévoile brutalement un mécanisme intérieur.

Cette citation révèle donc un Pascal moraliste autant que penseur religieux : il ne condamne pas le savoir en lui-même, mais démasque le savoir utilisé comme instrument de vanité sociale.

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fr

Mise en ligne

25 Février 2026

Dernière modification

4 Septembre 2026