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Niveau de preuve
Attribution réfutée · Variante attestée
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Celui qui sans autorité tue un criminel se rend criminel lui-même.

Statut attribution : Attribution incorrecte
Attribution finalement identifiée : Saint Augustin; formule transmise et explicitement attribuée à lui par Pascal dans la 14e Provinciale
Mise en ligne : 25 Février 2026 · Mise à jour : 4 Septembre 2026
Publié : 25/02/2026 · Mis à jour : 04/09/2026

Ne pas attribuer cette phrase à cet auteur. Le dossier contient des éléments contradictoires à consulter.

Origine et source de la citation

Attribution réfutée · Variante attestée · 0/100

La formule figure bien chez Blaise Pascal, dans la quatorzième Provinciale de 1656, mais son attribution à Pascal comme auteur est incorrecte : il la présente explicitement comme une pensée de saint Augustin.

Le passage correspondant se rattache à La Cité de Dieu, livre I, chapitre 21, où Augustin expose que, hors autorité légitime ou commandement divin, celui qui tue se rend coupable d’homicide. Le texte de la quatorzième Provinciale montre donc Pascal comme transmetteur de cette doctrine, non comme son créateur.

Thomas d’Aquin cite déjà Augustin sur le même principe bien avant Pascal, ce qui renforce l’antériorité augustinienne de l’idée.

Conclusion : la formulation française est attestée chez Pascal, mais elle y est explicitement attribuée à saint Augustin ; l’attribution à Pascal seul est incorrecte.

Sources documentaires 3

Références utilisées pour établir l'origine et l'attribution de cette citation.

  1. Preuve principale Source primaire
    La Cité de Dieu, livre I, chapitre 21
    Saint Augustin Ve siècle
    Localisation : Chap. 21, cas où l’homicide n’entraîne pas la culpabilité de meurtre
    Ce que cette source établit

    Texte primaire d’Augustin exposant que, hors autorité légitime ou mandat divin, celui qui tue un homme est lié par la culpabilité d’homicide; fondement doctrinal de la formule reprise plus tard par Pascal.

  2. Preuve principale Source primaire
    Les Provinciales, quatorzième lettre
    Blaise Pascal 1656
    Localisation : Passage « De la nécessité de cette union... selon saint Augustin »
    Ce que cette source établit

    Contient exactement la formulation française visée, mais Pascal l’introduit comme venant de saint Augustin; prouve la transmission française et contredit une attribution simple à Pascal.

  3. Source complémentaire Source de référence
    Summa Theologiae II-II, q. 64, a. 3
    Thomas d’Aquin
    Localisation : Sed contra; citation d’Augustin, De Civitate Dei I
    Ce que cette source établit

    Source scolastique antérieure à Pascal citant Augustin sur le même principe: tuer un malfaiteur sans autorité publique rend coupable d’homicide; confirme que Pascal reprend une tradition augustinienne déjà établie.

Signification & explications

De la surface au sens profond

Signification en une phrase

Punir un criminel hors de toute autorité légitime transforme la vengeance privée en crime.

Contresens à éviter

La citation ne défend pas le criminel ni ne nie la gravité de son acte.

Elle refuse que la vengeance privée se déguise en justice.

Le point central est l’absence d’autorité légitime.

Sens littéral de la citation

Signification directe

La phrase affirme qu’une personne qui tue un criminel sans autorisation légitime devient elle-même criminelle.

Le fait que la victime soit coupable ne suffit pas à rendre l’acte légal ou juste.

Explication des mots/expressions clés

  • sans autorité : sans mandat, pouvoir légitime ou cadre reconnu pour juger et punir.
  • tue un criminel : désigne l’acte de donner la mort à quelqu’un déjà considéré comme coupable.
  • se rend criminel lui-même : signifie que l’acte commis place son auteur dans la même catégorie juridique ou morale de la faute.

Sens profond de la citation

L’autorité symbolise ici la barrière fragile entre justice et violence.

Dès que chacun s’accorde le droit de punir, l’ordre commun se défait et la faute circule d’un coupable à l’autre.

La citation montre que la justice ne tient pas seulement au résultat — supprimer un criminel — mais au cadre qui rend l’acte légitime ou illégitime.

Lectures possibles

▸ Lecture 1: comprendre : la citation distingue la justice légitime de la vengeance personnelle.

▸ Lecture 2: analyser : elle rappelle que la culpabilité d’un criminel ne donne pas à n’importe qui le droit de tuer.

▸ Lecture 3: réfléchir : elle interroge la limite entre punir le mal et le reproduire par ses propres moyens.

Quand et comment l'utiliser ?

Contextes, effet produit et précautions

Contextes d’utilisation

Elle convient à un public intéressé par la morale, le droit, la politique ou la philosophie de la justice.

Dans une argumentation, elle soutient l’idée qu’un ordre commun doit encadrer la punition.

Son usage demande de ne pas simplifier les cas réels de légitime défense ou de danger immédiat.

Elle sera plus pertinente lorsqu’elle vise la vengeance ou l’exécution arbitraire, non la protection nécessaire d’une personne menacée.

Effet produit

Cette citation peut servir dans un débat sur la justice, la peine, la vengeance ou l’autodéfense collective.

Elle apporte un rappel ferme : une cause juste ne rend pas tous les moyens acceptables.

Elle doit être maniée avec précision, car elle touche à des sujets sensibles de droit et de violence.

Pourquoi cette citation sur la justice touche ?

Thèmes, morale et impact émotionnel

La justice perd son nom lorsqu’elle devient vengeance privée.

Même contre le crime, les moyens engagent celui qui agit.

Thèmes de la citation

Le thème principal est la justice, envisagée comme cadre légitime de la punition.

La citation relie crime, autorité, vengeance et responsabilité de l’acte.

Elle ouvre vers des questions proches : qui a le droit de punir, que vaut une sanction sans loi, comment empêcher la justice de devenir violence ?

Dans ce thème, elle rappelle que combattre le crime exige de ne pas adopter ses procédés.

Impact émotionnel et culturel

La phrase produit une tension morale nette : elle place le lecteur devant la tentation de répondre au crime par le crime.

Sa force vient de la symétrie entre « criminel » et « criminel lui-même ».

Elle s’inscrit dans une culture du droit où la justice doit dépasser les réactions individuelles.

Elle laisse une impression de rigueur, presque froide, face aux passions de vengeance.

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Mise en ligne

25 Février 2026

Dernière modification

4 Septembre 2026